Avr 15

Avril_2014__2-228LEA tient une permanence à la résidence étudiante Carmen Caron

Antoinette Fouque, féministe et psychanalyste disparue en ce début d’année, a souvent et encore récemment déploré le manque d’espaces réservés et permettant aux femmes de  parler.
Le Lieu d’écoute pour adolescentes (LEA) d’Aubervilliers est né du même constat, établi par les professionnels travaillant au contact des jeunes.

C’est ainsi que plusieurs partenaires,  parmi lesquels l’association A travers la ville, le service social municipal, les PMI et les assistantes sociales des établissements scolaires,  ont décidé de se réunir pour créer et animer  un espace de parole spécifique.
D’abord expérimenté au 112 rue Hélène Cochennec, dans la maison de quartier, mais « trop sous le regard des garçons », le lieu d’écoute a trouvé sa  place depuis quelques mois dans la résidence étudiante Carmen Caron.

Un endroit plus confidentiel, lumineux et douillet où, deux fois par mois, les Albertivillariennes de 13 à 25  ans peuvent aborder tous les sujets avec des éducateurs de rue ou des assistantes sociales. Insertion professionnelle, logement, violence, sexualité…

« Nous accompagnons les filles qui sont parfois dans de grosses problématiques, notamment en les dirigeant vers les services ou organismes compétents, mais pas seulement, précise Charlotte, éducatrice de rue du  club de prévention A travers la ville. LEA a aussi vocation à proposer des temps conviviaux. Selon le souhait des jeunes filles, on pourrait organiser des ateliers  thématiques pour  qu’elles puissent échanger entre elles, se rendre compte qu’elles ne sont pas seules à vivre des situations parfois compliquées. »
Encore faut-il que les jeunes se déplacent !

En ce  premier mercredi du mois de mars, il n’y a pas foule à la permanence.
Laura*, venue avec son bébé, pour se poser un peu et discuter s’en étonne. « L’endroit est bien, je ne  comprends pas pourquoi il n’y a personne. C’est pourtant une bonne idée : je connais plein de filles qui ne peuvent pas parler chez elle ou même dans le quartier car tout le monde se  connaît et se critique. Ici, elles ont le droit de le faire et même de pleurer si elles en ont envie. » 

Enthousiaste, la jeune fille a promis qu’elle allait ramener des copines à la  permanence. Si le bouche-à-oreille fonctionne, il se pourrait bien que les projets fleurissent ou en tout cas que la discussion s’installe durablement.

 Isabelle Camus

*Afin de respecter le souhait d’anonymat des participantes à la permanence, le prénom a été changé.

LIEU ÉCOUTE ADOLESCENTES
Permanences : 1er et 3e mercredis de chaque mois, de 16 h à 18 h
Résidence étudiante Carmen Caron
80, avenue de la République.

En lien avec l’action  n°13 de l’agenda 21 « créer un équipement dédié aux question de santé et de prévention pour la jeunesse ».