Juin 23

Le FortIn Situ, festival haut en couleurs sur le site de l’ancienne casse du Fort jusqu’au 14 juillet.

Ici, c’était la casse auto et la fourrière. Mais ça c’était avant… Désormais, avenue Jean Jaurès, à côté du théâtre équestre Zingaro, soixante-dix yeux suivent les pas des visiteurs tout au long du chemin qui les mène au coeur du site. Des yeux peints sur autant de poteaux métalliques aux couleurs vives, par l’artiste Le CyKlop. Scrutant déjà les passants dans plusieurs villes, ils font partie, aux côtés d’une soixantaine d’autres oeuvres d’arts urbains, du festival In Situ qui vient d’ouvrir ses portes au Fort d’Aubervilliers.Dans la foulée de la très médiatisée Tour 13 à Paris, totalement transfigurée par du street art il y a quelques mois, des artistes ont jeté leur dévolu créatif sur les façades, casemates, carcasses de voitures, palissades. Ici, au pochoir, une enfant rêveuse entourée de papillons, par Jef Aérosol.

Là, à la bombe, une superposition de visages comme autant de gens qui ont peuplé ou peupleront le Fort, par Jean Faucheur. Plus loin, un portrait de 1 400 m2 réalisé sur le sol par Jorge Rodriguez. Méconnaissable quand on est proche, il se révèle être celui de Nicole Picquart, une habitante du quartier Emile Dubois- Maladrerie reconnue pour son implication associative.

Parmi eux, les visiteurs déambulent dans un espace à ciel ouvert de 2 ha, entouré de végétation dense, où le grand air, le chant des oiseaux et les hangars désaffectés font presque oublier l’agitation urbaine alentour. Jusqu’à présent associé aux activités automobiles, le site était parfois perçu par les habitants des quartiers voisins comme mystérieux, peu accueillant. Enfin rendu à la ville, chacun est désormais invité à le découvrir de l’intérieur dans un cadre artistique, ludique.

Se souvenir… 

Construit dans les années 1840 pour renforcer la défense de Paris, le Fort a été un terrain militaire avant de devenir un point de rassemblement des cultures alternatives rock, punk, rap.

Placardées sur deux grandes façades, des photographies en noir et blanc prises dans les années 80 par Willy Vainqueur et Pierre Terrasson témoignent de l’esprit rebelle du festival Fêtes et Fort, il y a tout juste 30 ans. La casse auto a ensuite occupé l’espace – au sein d’une enfilade de peintures réalisées à même un long mur, elle est représentée par Laurence Favory, dont l’atelier est sur le site – avec la fourrière.

Toutes deux ont laissé place nette au début de l’année car, d’ici quelques mois, des pelleteuses déblayeront tout le périmètre avant sa transformation en écoquartier.

OEuvres éphémères 

Dans cette période de transition, l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP), propriétaire du terrain, a confié à l’association Art en ville le soin d’organiser In Situ (avec un coup de main de la commune). Résultat, des oeuvres éphémères mais souvent saisissantes de grâce, originalité, puissance ou provoc’. « C’est chouette »… « Superbe »… les expressions admiratives ne manquent pas parmi les visiteurs. Une balade hors du commun pour petits (sous surveillance) et grands. Au Fort, une page est tournée.

Naï Asmar

IN SITU ART FESTIVAL
Jusqu’au 14 juillet
Les mercredis, samedis et dimanches,
de 14 h à 19 h 30
Fort d’Aubervilliers
174 avenue Jean Jaurès.
Entrée libre. Buvette.
Infos : www.insituartfestival.fr

En lien avec l’action Agenda 21 n° 44 « Imaginer un dispositif culturel pour accompagner la transformation urbaine du secteur nord de la ville »